Jeudi 15 octobre s’est tenu un conseil municipal au programme copieux. Parmi toutes les délibérations et les questions diverses, cinq sujets se sont détachés au cours de ces 5 h 30 de débats
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Compte-rendu
1. Logement : poursuivre les efforts pour développer une offre diversifiée
Présentée par Pierre Bertin, adjoint à l’action sociale, cette délibération a permis à l’élu de faire le point sur les obligations de la Ville en matière de logements sociaux, dans le cadre de la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU). Pour la période 2023-2025, Lambersart a dépassé son objectif global de rattrapage. La Ville espère donc une évolution favorable de son statut et de ses pénalités, dont la décision relève de l’État, d’autant plus « qu’en fin de mandat, nous prévoyons 24,11 % de logements sociaux, alors que le taux n’était que de 17 % en 2020 », a indiqué l’élu. Lambersart se rapproche ainsi des 25 %, seuil légal applicable. Pierre Bertin a également rappelé plusieurs projets qui doivent contribuer à étoffer l’offre, notamment l’opération de Bonte, qui prévoit 350 logements, ainsi que les projets sur les anciens sites BDN et TDF. La municipalité défend une stratégie mêlant logements sociaux, logements familiaux et accession à la propriété, avec une répartition dans les différents quartiers.
Du côté de l’opposition, François Schmitt, du groupe Lambersart en commun, a insisté sur « la nécessité de ne pas réduire le sujet au respect des quotas ou à la question des pénalités, mais de garantir à tous les habitants la possibilité de se loger dignement à Lambersart ».
2. Pacot-Vandracq : renforcer les moyens pour améliorer le cadre de vie
Héloïse Gerber, adjointe aux dynamiques participatives, a présenté le bilan 2025 de la gestion urbaine et sociale de proximité dans le quartier du Pacot-Vandracq, ainsi que les perspectives pour 2026-2027. Le dispositif s’appuie notamment sur l’abattement de taxe foncière accordé au bailleur Vilogia, dont 83 000 euros ont été mobilisés en 2025 pour des actions dans le quartier. « Un diagnostic réalisé en marchant, en juillet 2026, a permis de repérer plusieurs difficultés liées à la sécurité, aux dégradations et aux dépôts sauvages », a-t-elle également souligné.
Parmi les mesures engagées figurent le renforcement du personnel de proximité, la formation d’agents habilités à verbaliser certaines incivilités et des actions de sensibilisation auprès des habitants. En 2025, 65 procès-verbaux ont été dressés, soit une hausse de 38 % par rapport à l’année précédente. La création de deux locaux sécurisés pour les déchets et les encombrants constitue l’un des principaux projets à venir. Elle sera complétée par des interventions de nettoyage, des actions de communication et des initiatives solidaires.
L’élu d’opposition François Schmitt a reconnu l’utilité des mesures proposées. Il a souligné que « les dépôts sauvages ne sont pas uniquement le fait de résidents du Pacot-Vandracq : certaines personnes viennent également de l’extérieur ». Selon lui, les nouveaux locaux ne régleront donc qu’une partie du problème.
Alors que l’opposition a demandé la mise en place de la vidéoverbalisation, présentée comme une solution potentielle, Nicolas Bouche, le maire, s’est dit « favorable, mais cela prend un temps phénoménal. De plus, si cela marchait si bien, les villes suréquipées en vidéosurveillance n’auraient pas de déchets dans leurs quartiers, ce qui n’est pas le cas. Vous nous décrivez un monde idéal, qui n’existe pas ».
3. ROB 2027 : un budget placé sous le signe de la sobriété
Présenté par Kacem Lemtiri, adjoint aux finances, le rapport d’orientation budgétaire (ROB) fixe les grandes lignes des finances communales pour 2027. « La Ville doit composer avec un contexte économique incertain, marqué par l’inflation, la hausse des coûts de construction et les contraintes financières imposées aux collectivités par l’État », a-t-il expliqué en introduction.
La municipalité souhaite poursuivre une stratégie de sobriété et de maîtrise des dépenses, tout en maintenant les services publics et les investissements jugés prioritaires. Elle prévoit notamment de continuer à rénover son patrimoine, à améliorer les équipements scolaires et sportifs et à accompagner la transition écologique.
Le désendettement demeure un axe central : la Ville entend poursuivre ses projets sans recourir à de nouveaux emprunts et sans augmenter les taux d’imposition. La majorité met en avant les investissements déjà réalisés au cours du précédent mandat et la capacité d’autofinancement retrouvée, qui doit permettre de financer les projets futurs. Une stratégie qui lui a « permis d’investir 21 millions d’euros lors du mandat précédent ».
Parlons chiffres : la Ville vise un endettement de 8,2 millions d’euros fin 2027, contre 9,2 millions au 1er janvier et 17,6 millions en 2020. Elle prévoit 6,4 millions d’euros d’investissements, notamment pour la Cabane à grandir, le padel ou encore les cours d’école.
L’opposition a exprimé ses réserves sur le refus systématique de recourir à l’emprunt. Pour François Schmitt, « la prudence n’est-elle pas un frein ? », s’est-il interrogé. Gontran Guns, du groupe Préservons Lambersart, a remis en cause le projet de padel : « 3 millions d’euros, alors qu’il faut prioriser des travaux pour avoir des écoles fraîches et penser d’abord à rénover le patrimoine des équipements sportifs avant d’en créer de nouveaux. »
Nicolas Bouche est revenu sur la prudence budgétaire, qu’il considère comme « une qualité à nos yeux » permettant de garder une ville à flot. Pour illustrer son propos, le maire a cité quelques vers de la fable La Cigale et la Fourmi.
4. Restauration scolaire : limiter le gaspillage sans pénaliser les familles
La modification du règlement de la restauration scolaire, portée par David Blanquart, élu aux écoles et à la restauration scolaire, vise à mieux gérer les repas commandés et à réduire le gaspillage alimentaire. « Entre septembre 2025 et mai 2026, environ 9 000 repas commandés n’ont pas été annulés alors que les enfants ne les ont finalement pas consommés », a indiqué l’élu. Cette situation représente un coût important pour la collectivité et plusieurs tonnes de nourriture gaspillées.
La municipalité souhaite donc clarifier les règles d’annulation et d’absence, tout en offrant davantage de souplesse aux familles dans certaines démarches. Le règlement prévoit également une majoration d’un euro lorsqu’un enfant est accueilli à la cantine sans avoir été inscrit au préalable. L’objectif affiché est de responsabiliser les familles et de permettre aux services de mieux anticiper le nombre de repas à préparer.
L’opposition, par la voix de Julien Boisse, du groupe Lambersart, a soutenu la nécessité de lutter contre le gaspillage, mais a demandé « que le règlement prévoie une exception en cas de force majeure », en cas de maladie soudaine, de décès ou d’événement imprévisible, par exemple. David Blanquart a expliqué que les 9 000 repas non annulés « correspondaient principalement à des situations prévisibles, comme les veilles de vacances ou les retours de longs week-ends ».
5. PLU3 : concilier développement urbain, patrimoine et végétalisation
Nicolas Burlion, adjoint à l’urbanisme, a présenté les demandes de la Ville dans le cadre de la prochaine évolution du plan local d’urbanisme métropolitain (PLU3). L’objectif est de mieux adapter les règles d’urbanisme aux besoins de Lambersart, tout en tenant compte de la transition écologique et de la protection du patrimoine.
La municipalité souhaite notamment réintroduire certaines marges de recul, protéger plusieurs bâtiments anciens et identifier des arbres remarquables. Elle propose aussi de renforcer la végétalisation des projets, avec un coefficient de biotope par surface fixé à 0,60 à l’échelle de la commune et porté à 0,70 dans les quartiers du Canon d’Or et de Canteleu.
D’autres demandes concernent les règles de hauteur sur certains sites, l’évolution du secteur de l’ancienne friche Bonte, la protection d’espaces destinés à devenir des squares et des parcs, ainsi que l’adaptation de la zone économique des Conquérants. La Ville souhaite enfin clarifier certaines règles pour faciliter l’instruction des permis de construire et accompagner le développement de l’électromobilité.
Nathalie Farbos, du groupe Pour Lambersart, a regretté « que les habitants ne soient pas davantage associés à ces évolutions, alors que le programme municipal annonçait une élaboration du PLU avec les habitants et les acteurs concernés ». Elle a demandé des précisions sur les modalités de consultation, les délais et les conséquences possibles pour les propriétaires et les quartiers touchés par les nouvelles règles.
Le débat sur le PLU a également permis d’aborder le projet de piscine, l’installation d’une boulangerie industrielle aux Conquérants ou encore l’avenir du secteur Bonte Nord. L’équipe de Laurent Frappart, du groupe Pour Lambersart, a notamment demandé « d’étudier la création d’une ferme urbaine maraîchère et agroécologique plutôt qu’un parc urbain ».
Le conseil municipal a également été l’occasion de discuter d’autres sujets, notamment du CCAS, de l’égalité entre les femmes et les hommes ou encore de la sécurité. Des sujets à suivre dans la vidéo du conseil municipal.