Du 5 septembre au 29 novembre 2026

Comment les paysages évoluent-ils ? En bien, en mal ? Y a-t-il des changements souhaitables, subis ? Qu’est-ce qui modifie notre environnement aujourd’hui ? 

Sous l’impulsion de L’Atelier 2 - Arts Plastiques, le Colysée de Lambersart et 5 autres lieux de l’Eurométropole se sont unis autour de la thématique des « Paysages en transition » pour proposer plusieurs expositions lors de la saison 2025 – 2026.

Les treize artistes retenu·e·s au Colysée présentent une grande diversité d’angles de vues mais aussi de pratiques, et font de cette exposition un panorama contemporain tout en reliefs et surprises, entre témoignages du mouvement des villes et des bouleversements climatiques, résilience, utopie et paysage mental.

Il s’agit d’Aurélien Bonnetaud, Félicien Bonniot, Matthieu Brard, Marion Chombart de Lauwe, Esther Bouhadana et Alix Le Boucher du Collectif Mercure, Eléna Denis, Laurane Desjonquères, Cassandre Fournet, Aimeric Gautherin, El Mehdi Largo, Sohyun Park et Mathilde Seguin.

Parallèlement à l’exposition, il a été décidé de travailler avec deux classes des écoles élémentaires A. Samain et L. de Bettignies sur l’observation de la croissance des végétaux et de l’environnement autour des écoles. Les enfants ont été accompagnés par l’artiste Belinda Annaloro pour réaliser toutes sortes de travaux artistiques, botaniques et poétiques entre avril et juin.
Le rendu des recherches de ces jeunes paysagistes lambersartois·es est présenté au rez-de-chaussée, où l’on trouve également un aperçu des changements urbanistiques en cours dans la ville.

Et comme d’habitude, en parallèle de l’exposition, ateliers, visites et animations sont proposées.

Une exposition soutenue par le réseau des Fabriques culturelles de la MEL.

Un paysage est d’abord la vue d’ensemble d’un territoire qui existe indépendamment de nous, et que l’on peut étudier de manière scientifique, objective.

Mais c’est aussi la perception subjective par chacun·e de son environnement, addition d’une expérience physique et de représentations culturelles.

Ainsi le paysage ne se laisse enfermer dans aucune case, il est multiple, hybride, vaste… et mouvant. Passage d’un état à un autre, d’un modèle à un autre jusqu’au changement systémique, la transition est à l’oeuvre aujourd’hui aussi dans le domaine paysager.

L’étalement urbain, la destruction des forêts, la renaturation en ville, les bouleversements climatiques, la rénovation des quartiers, l’extractivisme, les industries qui vont et viennent sont autant de causes, voulues ou non, de modifications de nos paysages. La transition est en cours, oui, mais vers quoi ? Quel avenir pour nos paysages, notre environnement, nos villes ? Quel modèle désirons-nous, et que faire pour tendre vers lui ? 

Les artistes, comme toujours, ont leurs mots à dire, et ils sont inspirants. Mais les publics ne sont pas en reste : un espace dans l’exposition leur est dédié pour s’informer, s’exprimer et participer.

MARION CHOMBART DE LAUWE

Marion Chombart de Lauwe développe une pratique de dessin in situ qui consiste à observer et tracer des architectures au moment précis de leur transformation — entre usage, abandon et disparition.
À partir de ces dessins, elle élabore des kalyptographies : des gravures réalisées sur des matériaux issus du site lui-même, notamment les briques mais aussi des éléments de structures métalliques.
Elle travaille sur le site de la Briqueterie de Lambersart et certaines de ses oeuvres sont destinées à être intégrées aux espaces communs du futur écoquartier.

AIMERIC GAUTHERIN

Aimeric Gautherin développe une pratique picturale centrée sur le paysage et l’observation du territoire. Il s’intéresse principalement aux espaces de transition, souvent situés en marge ; ces « non-lieux » où se joue en coulisse le quotidien de nos vies urbaines. Ces paysages ordinaires, fréquemment vus mais rarement regardés, sont dépourvus de toute présence humaine mais conservent pourtant les traces de nos usages.

MATTHIEU BRARD

Les travaux photographiques de Matthieu Brard interrogent les transformations de l’espace social et paysager confronté à des formes, si ce n’est d’échecs, du moins de remises en cause. Sa démarche s’inscrit dans la notion de « pensée paysagère », telle que le géographe Augustin Berque l’a théorisée. Celle-ci se définit par une conscience du paysage, tant d’un point de vue environnemental, culturel et artistique que patrimonial.

MATHILDE SEGUIN

Avec son projet de papier peint, Mathilde Seguin part d’un constat simple et aujourd’hui entendu de tou.tes : suite au réchauffement climatique, les glaciers fondant très vite, certaines villes vont devenir progressivement inhabitables et disparaître. Le processus de montage de son installation est celui d’un puzzle, les pièces ont un ordre de juxtaposition précis dans lequel nous n’avons pas de possibilité d’action réelle. Pour Le tissu urbain, catalogue de motifs textiles, elle a travaillé sur les villes nouvelles : le tissu, par sa souplesse, va pouvoir s’appliquer sur les éléments qu’il recouvre. Il prendra sa forme tout en les transformant par son motif, à l’instar des villes planifiées qui s’adaptent au territoire.

AURÉLIEN BONNETAUD

Le terrain de l’urbain se constitue en strates : le nouveau se superpose à l’ancien - en le transformant ou en le remplaçant - avec une inertie aux rythmes multiples, s’étalant sur plusieurs décénnies, plusieurs siècles… Observer un lieu ou un bâtiment, pour en saisir son « histoire », sa symbolique et la place qu’il occupe actuellement dans notre environnement, revient à appréhender plusieurs époques marquées par des paradigmes de constructions distincts. Partant de ce postulat, Aurélien Bonnetaud partage par le moyen des arts visuels l’expression de cette réflexion. Son corpus d’oeuvres se constitue en suivant 3 axes principaux : la photographie, la peinture et les oeuvres en volumes.

ELÉNA DENIS

Eléna Denis explore les contours d’un futur imaginaire. Elle s’interroge sur les transformations de notre environnement dans une ère marquée par l’activité humaine - celle de l’Anthropocène. Ses recherches portent sur des thèmes universels tels que le dérèglement climatique, la santé mentale et les modes de communication dans une société toujours plus connectée, mais souvent déconnectée des réalités humaines.
En s’appuyant sur ses expériences personnelles, elle cherche à questionner nos responsabilités collectives et individuelles, en imaginant différents futurs possibles pour notre planète et les êtres qui l’habitent.

COLLECTIF MERCURE

Alix le Boucher et Esther Bouhadana, artistes et designers, ont formé leur collectif autour d’une fiction d’été : Mercure, une bande dessinée réalisée à quatre mains, dont l’enjeu était de dessiner l’environnement urbain comme personnage principal du récit. Chaque dessin joue avec des cadrages et des découpages qui suggèrent la présence de personnages sans pour autant représenter de figures humaines. Le paysage urbain en mutation sous les étés caniculaires dévoile une ville qui tente de s’adapter, mais peine à trouver sa forme.

EL MEHDI LARGO

À travers la photographie, la vidéo, l’installation et le textile, El Mehdi Largo explore la manière dont l’espace, lorsqu’il est façonné par des logiques politiques, redéfinit l’humain et ses interactions. Ses oeuvres, souvent immersives, jouent avec la mémoire des lieux, collectant des fragments d’architectures oubliées, des matières altérées par le temps, des gestes récurrents qui marquent l’attachement ou la dépossession. Il met en tension le visible et l’invisible, le passé et le présent, soulignant comment la manipulation du territoire devient un outil de contrôle, d’exclusion ou de reconfiguration
des appartenances.

CASSANDRE FOURNET

Depuis fin 2020, l’artiste développe une série de dessins intitulée Adventice, consacrée aux plantes rencontrées lors de ses trajets quotidiens. Ces végétaux, souvent qualifiés de « mauvaises herbes » et perçus comme indésirables en raison de leur caractère spontané et non maîtrisé, s’installent dans les interstices des espaces transformés par l’humain.
Le projet interroge leur origine, leur présence dans nos environnements et ce qu’ils révèlent des perturbations des écosystèmes ainsi que de l’abandon progressif de certains lieux. 
À travers ces dessins, proches de planches botaniques et intégrant parfois des éléments de mobilier urbain, Cassandre Fournet met en lumière une nature discrète mais omniprésente, témoin d’un paysage en constante évolution.

BAPTISTE CARLUY

Baptiste Carluy explore le médium de la peinture à travers des formats divers, et souvent « expérimentaux », tout autant dans le cadre d’une pratique artistique individuelle que de projets collaboratifs. Il développe une sensibilité particulière au paysage et au vivant non-humain, qui devient central dans sa pratique. Depuis quelques années, il réalise diverses séries de tableaux conçues à partir de dispositifs expérimentaux, inspirés par exemple par le tunnel à empreintes, dispositif employé pour le recensement des populations de hérissons.

LAURANE DESJONQUÈRES

La démarche artistique de Laurane Desjonquères est une quête perpétuelle d’entrelacement de matières foisonnantes, dont les formes finales oscillent entre textile, sculpture, dessin, vidéo et installation. Elle questionne la place du vivant et la transmission des savoir-faire ancestraux face à l’industrialisation.
Les tapisseries Pourvu qu’elles vivent 1 et 2 imaginent un monde où la nature se transforme, se soulève et reprend sa place face à l’exploitation humaine. Libérées de l’emprise de l’urbanisation, plantes et arbres deviennent des entités résistantes engagées dans une lutte pour leur survie.

SOHYUN PARK

L’univers artistique de Sohyun Park s’est formé à partir du déplacement. Au cours de ses voyages et de ses installations dans d’autres pays que son pays natal (la Corée), elle a découvert des villes avec leurs patrimoines, leurs
caractères géographiques et leurs histoires qui croisent la sienne. Dans ses cartographies subjectives, elle transcrit aussi bien ses observations durant ses parcours quotidiens que des événements historiques liés aux lieux qu’elle traverse. Ce travail traite ainsi de la spatialisation de la mémoire et de sa fragilité onirique.

FÉLICIEN BONNIOT

Le regard de Félicien Bonniot a été façonné par les paysages tortueux d’Ardèche où il a grandi. Les promenades nocturnes, les explorations des grottes et des rivières ont développé chez lui un goût pour la nature en tant qu’espace fantasmatique et profondément inquiétant. Tourné à l’aide d’un drone, You don’t want to wake up, do you ? a été réalisé dans une commune de « la diagonale du vide ». Par un travail de distorsion et de colorisation des images, les paysages retrouvent leur relief et leur sensibilité, et les plans aériens se muent en traversée onirique. Les expériences intimes de la nature et des paysages remontent alors à la surface pour se transformer en cosa mentale.

Infos pratiques

  • Horaires

L'exposition est ouverte du 5 septembre au 29 novembre 2026 - du mercredi au dimanche de 13h à 18h 

Entrée gratuite 

Accueil des groupes sur inscription obligatoire

  • Contact

Le Colysée, maison Folie de Lambersart avenue du Colysée, berges de la Deûle - 03 20 006 006 - cultureatville-lambersart [point] fr (culture[at]ville-lambersart[dot]fr) 

métro Bois Blancs/ligne 2 à 12mn à pied stations V'Lille : Bois Blancs et Hippodrome à 9mn à pied 

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