Depuis 2020, la Ville a mis en place une politique ambitieuse d’économies d’énergie, renforcée à la suite de la guerre en Ukraine. La crise actuelle au Moyen-Orient confirme aujourd’hui la pertinence de ce choix.

Panneaux photovoltaïques, isolation, véhicules électriques, réseaux de chaleur, éclairage public… C’est un véritable plan Marshall qui a été déployé à Lambersart depuis 2020, avec notamment 8 millions d’euros d’investissements dans ce secteur en 2023 (rénovation thermique). Des investissements conséquents pour entretenir le patrimoine de la ville. Certes, ce n’est pas toujours visible, mais les économies engendrées permettront les projets de demain. Revue de détail.

L’électricité

À partir de 2023, la Ville a investi quelque 791 707 € dans la pose de panneaux photovoltaïques sur les toitures de l’hôtel de ville, de la salle Malraux, des écoles Bettignies et Samain, ainsi que sur le complexe Georges-Delfosse et la salle Norbert-Ségard. Cette politique de transition énergétique se poursuivra en 2026 avec la pose de panneaux sur le complexe sportif Pierre-de-Coubertin. Les Led ont également été installées dans les bâtiments municipaux, notamment dans les salles de sport et les écoles.

  •  consommation électricité : - 32%

L’éclairage public
Sujet sensible au début du mandat, la fin de l’éclairage public nocturne entre 1 h et 5 h du matin, principalement pour des raisons écologiques mais avec des répercussions économiques évidentes, permet d’économiser environ 50 000 € par an. L’éclairage public, c’est aussi le remplacement des anciens luminaires par des Led dans l’espace public. Deux mille ont déjà été remplacés et cinq cents restent encore à réaliser.

  • consommation éclairage public : - 54% 

Des travaux d’isolation

Depuis 2023, l’isolation des bâtiments s’est accélérée. L’objectif est de contenir l’explosion des consommations et de maintenir les températures autour de 19 °C dans les bâtiments. Dans ce cadre, la Ville a procédé à la pose de nouvelles menuiseries en façade à l’école Maintenon, à l’étage de l’Hôtel de Ville, à l’école Samain et Watteau, ainsi qu’à l’installation de triple vitrage à l’école de musique, dans les loges et dans le logement de la salle Malraux. D’autres programmes de remplacement des vitrages sont prévus en 2026 pour Jules-Maillot, la salle Malraux, le rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville et le centre De Gaulle. Par ailleurs, d’autres travaux ont été engagés avec l’isolation des combles et des planchers bas de l’ensemble des bâtiments municipaux. À la clé : 5 % de baisse de consommation. Le calorifugeage des tuyaux dans les chaufferies a permis une baisse supplémentaire de 1 à 3 %.Toujours dans les chaufferies, le remplacement systématique des pompes de chauffage représente encore 1 à 3 % d’économies. Sans oublier le remplacement des chaudières à brûleur par des chaudières à condensation.

  • consommation chauffage : - 49%

Les véhicules municipaux

La Ville a réduit le nombre de ses véhicules municipaux et a largement remplacé ceux classés Crit’Air 4 par des voitures moins poluantes. En 2025, douze autres véhicules thermiques municipaux ont également été équipés d’un boîtier éthanol. Désormais, à la pompe, les véhicules municipaux roulent au superéthanol E85, un biocarburant produit notamment à partir de betteraves ou de céréales.

  • consommation carburant : - 20%

L’eau

La Ville possède six cuves de récupération pour 160 m³ en cumulé, principalement utilisées pour l’arrosage des espaces verts et le nettoyage des rues via la balayeuse. Elles sont désormais équipées de capteurs permettant aux services municipaux de connaître l’état des stocks et de prioriser telle ou telle cuve plutôt que de puiser dans le réseau.
Cela s’ajoute aux sensibilisations réalisées dans les écoles et bâtiments municipaux pour économiser l’eau aux robinets.

  • consommation eau : - 16%

Chiffres

  • 791 707

    Centrales photovoltaïques

  • 1 776 661

    Toitures

  • 1 162 157

    Menuiseries

  • 1,5 million

    subventions

Consommation en baisse, coûts en hausse

Depuis 2020, la consommation d’eau, de gaz et d’électricité est en baisse partout. Des efforts importants qui ne compensent malheureusement pas l’augmentation des coûts des matières premières, en hausse partout. 

Qu’en aurait-il été si Lambersart n’avait pas pris le taureau par les cornes en investissant massivement dans le photovoltaïque, l’isolation, l’éclairage public, etc. ? 
 

Voici trois exemples parlants, chiffres à l’appui, concernant l’électricité, le gaz et l’eau.

  • L’électricité
    Depuis 2019, la consommation d’électricité a diminué de 32 %. Un tiers de consommation en moins : un effort considérable. Pourtant, la facture d’électricité a augmenté de 5 %, mais elle aurait progressé de 37 % si la Ville n’avait pas investi.
  • Le gaz
    Depuis 2019, -49 % de consommation de gaz ! Le Covid ? Même pas, puisqu’en 2025, la ville a consommé moins qu’en 2020, une année durant laquelle la vie tournait au ralenti. Non, ici, ce sont surtout les travaux d’isolation, le maintien des températures à 19 °C ou encore le passage au réseau de chaleur qui ont permis cette baisse historique. Et pourtant, la facture s’est alourdie depuis 2019, de 6 %, mais elle aurait augmenté de 55 % si la Ville n’avait pas investi.
  • L’eau
    L’eau est un cas à part, puisque cette matière première vitale n’est pas impactée par les crises ukrainienne de 2022 et actuelle au Moyen-Orient : -16 % de consommation d’eau sur la commune et -2 % sur la facture.
Fouad Laoutid, Adjoint aux travaux

« Un investissement massif pour baisser nos consommations »

Pourquoi faire des économies sur les coûts de l’énergie ?
Maîtriser nos consommations est un moyen de nous protéger des crises, comme celle que nous avons connue avec l’Ukraine en 2022, et aujourd’hui avec le Moyen-Orient. C’est un amortisseur ! L’augmentation des coûts du gaz, de l’électricité, etc. peut grever le budget de la Ville et nous empêcher de mettre en place des projets. Il faut se rendre compte qu’en 2022, c’est 1 million d’euros de dépenses énergétiques supplémentaires que nous avons subies. Il a fallu investir massivement, et aujourd’hui Lambersart consomme beaucoup moins. Nous avons également investi pour favoriser la transition écologique de Lambersart vers une énergie décarbonée, d’où notamment l’installation de panneaux photovoltaïques.

Justement, comment fait-on des économies d’énergie ?
Premièrement, il a fallu mettre en place un programme d’isolation des bâtiments pour qu’ils consomment moins. Chaque année, nous allouons un budget allant dans ce sens pour isoler les combles, changer les fenêtres, acheter des chaudières performantes, etc. Nous chassons les déperditions de chaleur. Mais pour réussir, il a aussi fallu s’organiser.
Nous avons créé une cellule énergie qui gère au quotidien la consommation d’énergie et l’adapte en fonction des besoins. Chaque bâtiment a son référent qui remonte les problèmes, mais nous menons aussi une politique interne de sensibilisation afin de favoriser une prise de conscience. Nous avons également profité des subventions de la MEL, qui nous aide à hauteur de 40 % dans l’achat de panneaux photovoltaïques, et obtenu 46 000 € au titre des travaux CEE rien qu’en 2025.

Est-il possible de faire encore mieux ?
Cette année aura lieu la troisième phase de pose de panneaux photovoltaïques. Cette fois-ci, c’est le complexe sportif Pierre-de-Coubertin qui est concerné, alors qu’il représente actuellement 10 % de notre consommation électrique annuelle. Ce n’est pas du greenwashing : les chiffres de ce dossier le confirment. À moyen terme, nous avons le projet de nous lancer dans la géothermie sur les sites des écoles Victor-Hugo et Bréguet et du complexe Norbert-Ségard. Nous attendons le rapport final pour savoir s’il est judicieux d'y avoir recours. Nous continuerons également à entretenir le patrimoine, le centre de Gaulle par exemple.