Retrouvez l'entretien avec Isabelle Djabba, bénévole au CCAS
Isabelle est de ces personnes naturellement solaires. Depuis un an, cette habitante du quartier Nord-Ouest est bénévole au CCAS, où elle répond aux appels téléphoniques destinés aux personnes isolées et participe aux ateliers de prévention. Un engagement libre, choisi, mesuré et précisément pour cela, essentiel.
Comment est venue cette envie de vous engager ?
Il m’a fallu du temps avant de penser à faire du bénévolat. Je suis en disponibilité professionnelle depuis le Covid, j’habite près de la Cité familiale. Mon mari est auto-entrepreneur, il s’est occupé de nos trois enfants, alors lorsque le 4e est arrivé je me suis dit que c’était à mon tour de m’occuper des petits et nous avons inversé. Lorsque les grands sont partis au collège, je me suis dit : pourquoi pas moi ?
Comment s’est passée votre arrivée ?
J’ai vu un article dans le Lambersart Info, j’ai appelé, on m’a rappelé et rapidement on m’a rencontré en tête-à-tête pour voir si cela matchait entre nous. Ensuite on m’a laissé un délai de réflexion pour que je m’assure que cet engagement mutuel répondait à mes attentes. J’ai signé une charte d’engagement, et j’ai fait la connaissance d’autres bénévoles lors d’une réunion de présentation.
Vous donniez déjà avant ?
J’ai toujours beaucoup donné, des objets, des vêtements, sans pour autant m’impliquer dans les associations auxquelles je donnais régulièrement. Là, au CCAS, je donne aussi, mais pas du matériel : de l’humain.
Comment conciliez-vous cet engagement avec la vie de famille ?
Je me positionne sur le planning partagé en fonction de mes disponibilités, selon mes envies. J’apprécie l’absence d’obligation régulière, c’est compatible avec ma vie de famille. Je travaille dans le secrétariat médical, à l’EPSM Saint-André, donc c’était naturel pour moi de me proposer sur une action en lien avec les personnes isolées. J’interviens parfois dans des ateliers de prévention, j’aide à l’installation des salles.
Cet été, vous avez participé au plan canicule…
Oui, j’ai fait des appels pendant la canicule. Ça n’a pas été de tout repos, j’ai senti qu’il y avait besoin d’encore plus d’écoute que d’habitude, qu’il fallait consacrer plus de temps. Parfois, nous sommes en lien avec des professionnels de santé présents au domicile.
Qu’est-ce qui vous touche dans ces échanges ?
Les seniors sont très attachants. Ils racontent leur vie en long, en large et en travers. Ce sont des personnes qui ont un vécu. Leur histoire de vie par rapport à la guerre, à la maladie, c’est tellement beau que cela nous recadre sur Terre. Nous, ce que l’on vit à côté, c’est rien.
Parlez-vous de cet engagement ?
Je suis plutôt discrète, je ne parle pas forcément beaucoup de cet engagement à mes enfants. Par contre, je les ai déjà amenés à un atelier pour qu’ils rencontrent ces personnes âgées. Ils ont participé et c’est important de leur montrer que l’on peut donner sans rien attendre en retour.