Retour sur le conseil municipal du 24 juin 2026
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Compte-rendu
Au menu notamment : dynamiques participatives, finances, restauration scolaire et piscine.
C’est dans une salle du conseil très chaude, un peu refroidie par de nombreux ventilateurs, que s’est tenu le conseil municipal du 24 juin, mais cela n’a pas empêché la séance d’être particulièrement longue, environ 5 heures : aux 29 délibérations présentées se sont ajoutées de nombreuses interventions de l’opposition.
Hausse des tarifs de restauration et du périscolaire
En introduction du conseil, David Blanquart, adjoint aux écoles et à la restauration scolaire, a présenté les raisons de l’augmentation du tarif de la cantine et des activités périscolaires. Il a rappelé ce qui est compris dans le prix de la cantine (le repas, les animations), et l’amélioration des repas grâce au changement de prestataire pour Api. Il s’est félicité de la forte réduction des déchets dans les cantines, et a espéré obtenir rapidement la 1re étoile du label Je mange local. Il a aussi rappelé que la pause méridienne était financée à 70 % par la Ville et 30 % par l’usager. Il a ensuite expliqué l’augmentation des salaires du personnel, des cotisations employeur, hausse des effectifs... « Il est donc nécessaire d’augmenter les tarifs de la restauration, et des activités périscolaires par conséquent ». La hausse par enfant et par an varie de 2,8 à 14 euros en maternelle, et jusqu’à 16,8 euros pour les élémentaires.
François Schmitt, du groupe Lambersart en commun, a regretté une décision « injuste ». Il a proposé la gratuité pour 1re tranche, une hausse plus modérée pour les autres, et un abattement ciblé pour les familles monoparentales. Il a réclamé de « ne pas créer les conditions de l’assistanat » et demandé une concertation sur ce sujet.
David Blanquart a fait valoir une hausse de 82 euros depuis 6 ans pour les plus aisés et que « notre première tranche est l’une des plus basses du Nord, sachant qu’il est important selon moi de participer un minimum ».
Démocratie et transparence
A l’heure de l’approbation du procès-verbal du conseil du 9 avril, Gontran Guns (Préservons Lambersart) est intervenu pour des corrections sur des points de détail, mais aussi d’autres plus importants : la présidence de la commission finances qui est revenue finalement à la majorité suite au refus de Laurent Frappart, du groupe d’opposition le plus important fu conseil, Pour Lambersart. M.Schmitt a estimé que le règlement intérieur n’avait pas été entièrement respecté pour ce conseil. « Il s’agit des règles de la démocratie ». Le maire a reconnu un point, la non-tenue de la conférence des présidents de groupe, mais assuré que les documents ont été remis en temps et en heure.
Dynamiques participatives : un nouveau cadre
Le premier dossier d’importance de l’ordre du jour était l’adoption d’un cadre organisationnel des dynamiques participatives, présenté par Héloïse Gerber, adjointe en charge. « Les dynamiques participatives sont un complément de la démocratie représentative, avec comme mots clés : écouter, consulter, co-construire, co-décider et agir avec les Lambersartois ». Les objectifs : « utiliser l’intelligence collective pour enrichir les projets, renforcer le lien entre élus, habitants et agents municipaux, inclure tous les citoyens et les former à participer à la vie de la cité ». L’élue a précisé : « Ce mandat, nous cherchons à vraiment inclure tous les citoyens ».
Pour lancer cette dynamique, une charte a été présentée, puis les différentes instances :
- l’observatoire de la participation, pour la municipalité propose une évolution en la composant de citoyens experts, Lambersartois ou non, et d’habitants tirés au sort,
- les commissions extra-municipales, qui créent des lieux de réflexion collective où les usages sont pris en compte, et qui seront votées lors du prochain conseil municipal ;
- les assemblées de quartier, qui se tiendront le jeudi soir et le samedi matin comme actuellement, et auxquelles s’ajouteront le jeudi de 18h à 20h des assemblées de quartier des enfants ;
- les conseils de quartier, une nouveauté, qui seront composés, d’élus du quartier, d’habitants, de forces vives, et qui prépareront les assemblées de quartier maiss eront aussi une interface entre la municipalité et les habitants ;
- le conseil citoyen au Pacot-Vandracq, qui était une obligation légale de l’ANRU ;
- le conseil des associations, qui n’est pas modifié ;
- les concertations et ateliers ;
- les chantiers participatifs ;
- le budget participatif, qui sera mis en œuvre tous les deux ans ;
- les tiers lieux : actuellement la Petite Maison et en projet un tiers lieu intergénérationnel.
Sur ce riche dossier, Laurent Frappart, du groupe Pour Lambersart, a précisé : « Nous partageons cette préoccupation de la participation citoyenne comme une refondation de la démocratie à Lambersart ». Il a regretté que le conseil des jeunes n’ait pas été associé dans la démarche. Il a dit son inquiétude devant le « nombre élevé de dispositifs », craignant une « dispersion des énergies ». Je partage l’ambition affichée mais je veux m’assurer que cette participation sera utile, mesurable, et influente sur les décisions ». Héloïse Gerber a expliqué que le nombre importent d’instances et de modes de désignation des membres était « volontaire pour favoriser les différentes participations citoyennes. » Concernant l’utilité et le coté mesurable, elle a précisé que deux instances étaient sur cette mission : l’observatoire de la participation et la commission extra-municipale dynamiques participatives.
François Schmitt a salué « le travail réalisé dans ce domaine » mais regretté de ne pas voir de mention du référendum local. Gontran Guns a aussi approuvé « tout ce qui peut faire participer les Lambersartois aux décisions municipales ». Il a estimé que le comité de suivi devait moins filtrer en amont les projets déposés au budget participatif, Mme Gerber a expliqué de son côté que certains projets ne dépendent pas, souvent, de la mairie, qu’ils doivent être réalisables, et « quand ils sont plus grands ou sont hors cadre, bien sûr qu’on en échange avec l’équipe municipale, c’est bien l’idée de l’intelligence collective ». L’élu de Préservons Lambersart a aussi estimé qu’il avait une différence profonde d’approche de la démocratie participative avec la municipalité, estimant que « certaines des contraintes juridiques que vous présentez relèvent de choix politiques et regrettant que « la concertation porte plus sur les modalités d’un projet que sur son fondement ». Il a aussi réclamé une procédure de référendum local pour des projets structurants, « un outil qui renforce la légitimité des décisions prises ». Enfin, il a demandé davantage de liberté sur les réseaux sociaux de la ville pour s’exprimer et proposé des permanences de quartier pour renforcer le lien direct entre élu et habitants.
Héloïse Gerber les a assurés de « la sincérité de la démarche. S’il y a un cadre, c’est pour ne pas faire rêver les gens. Le privé a des droits. Quand c’est possible de faire une concertation plus large, on l’a fait, par exemple concernant le projet Bonte. » Sur les réseaux sociaux, elle a estimé que « c’est un poison pour la démocratie, un déversoir. Moi, mon enjeu, c’est de faire échanger les personnes ».
Héloïse Gerber a poursuivi son intervention par le Contrat de ville et des solidarités. Elle a soumis au vote les contributions financières municipales dans le cadre de ce contrat. Cela concerne divers projets du centre social Lino-Ventura, du café des Parents, et le programme Opus d’enseignement musical pour des enfants de l’école Bettignies. M.Schmitt a regretté que ces politiques spécifiques viennent financièrement au secours des politiques de droit commun. L’adjointe a aussi fait voter le cofinancement d’un projet porté par le conseil citoyen : les membres ont été formés à l’utilisation d’un kit de co design pour les délaissés du quartier Pacot-Vandracq et sont allés à la rencontre des habitants pour les écouter. Il s’agit à présent de financer les propositions.
Finances : des questions autour de l’investissement
Kacem Lemtiri, adjoint aux finances, a présenté plusieurs délibérations financières, notamment le compte financier unique 2025 qui se substitue au compte administratif et au compte de gestion. Il s’est arrêté sur quelques chapitres en recettes de fonctionnement : l’augmentation des encaissements due à l’arrivée du nouveau prestataire Api en restauration, la baisse de certaines dotations de l’État -dont la DSU totalement perdue en 2025... S’agissant des dépenses, il a relevé la maîtrise des dépenses d’énergie, la rigueur en matière de gestion des ressources humaines impactant les charges de personnel, et la réduction des charges liées à la dette. Sur l’investissement, il a valorisé la recherche de subventions, et a aussi mis en avant les bons ratios financiers.
Franck Jimenez du groupe Pour Lambersart a relevé : « Dommage que le budget d’investissement soit réalisé seulement à hauteur de 60 % ». M.Lemtiri a répondu en évoquant les imprévus et les adaptations mais aussi la sincérité de la municipalité. Le compte financier unique a été adopté après l’abstention de M.Schmitt et le vote contre de M.Guns.
Les restes à réaliser et le budget supplémentaire 2026 ont été plus discutés. Pour François Schmitt, les ambitions sont importantes, mais « les réalisations pas à la hauteur. Ce n’est pas une bonne gestion. Les réserves augmentent et des rénovations attendent ». Il a demandé plus de transparence et n’a pas voté ce budget. Pour M.Lemtiri, « le budget supplémentaire permet aussi de tenir compte des choses qui arrivent a posteriori. Notre capacité d’investissement est aux alentours de 5 millions d’euros par an et nous allons faire un plan pluriannuel d’investissement pour étaler les projets ». Pour le maire, « la Ville a récupéré une capacité à investir, mais nos recettes ne sont pas extraordinaires et nous dégageons peu de marge pour une ville de notre taille. Et nous nous refusons à emprunter ». Enfin, l’augmentation des tarifs de droits de place et d’occupation du domaine public ainsi que ceux des salles municipales a été approuvée.
Le point sur le projet de piscine
En fin de conseil, après quelques points administratifs, relatifs notamment à l’urbanisme et à la santé, différentes questions ont été posées par l’opposition, des questions souvent déjà posées lors des assemblées de quartier, relatives à des nuisances.
La plus importante concernait le projet de nouvelle piscine. M.Schmitt a demandé un point sur ce projet, quand « on sait que c’est un équipement très coûteux », alors que la Ville a « de nombreux autres projets » et que le contexte énergétique est incertain. Il a noté que la MEL projette un équipement structurant sur Marquette/Saint-André qui pourrait inclure les communes voisines comme Lambersart. De son côté, M.Guns a pointé les difficultés de stationnement existant déjà du côté de la plaine Norbert-Ségard où le projet est envisagé et regretté l’imperméabilisation de sols. Il a proposé une rénovation de la piscine existante.
Thomas Hubert, adjoint aux sports, a rappelé l’origine de la piscine Tournesol de Lambersart, construite en 1974 avec des matériaux bon marché, devenue une passoire énergétique. Résultat, la piscine « coûte 400 000 euros par an » de fonctionnement. Sur la rénovation, il a expliqué : « On ne peut pas faire du neuf avec du vieux de très piètre qualité ». Sur le projet à Lambersart, il a assumé au nom de la municipalité « de maintenir une piscine dans une ville de près de 30 000 habitants », c’est « une question de santé publique que l’apprentissage de la natation ». Il a précisé que c’est un projet longuement mûri, d’envergure raisonnable, et qui ouvrira après la fermeture de la piscine Tournesol. M.Burlion a répondu sur les aspects circulation, stationnement, emprise au sol. « Aujourd’hui la piscine Tournesol ne génère pas de problème particulier de stationnement ». Il a mis en avant un potentiel foncier de stationnement à proximité immédiate de la future piscine. Concernant la circulation, il y aura un peu d’impact et le carrefour rue de Lompret/rue du Maréchal Juin pourrait poser problème, « il devra être reconfiguré pour les bus ». Concernant l’emprise, « cela remplacera juste un caniparc et une déchèterie verte ». Le maire a complété : « Le projet en est aux prémices, pas à pas, on va avancer. »