Entretien avec Antoine Pierrot, adjoint à la transition écologique
L’été caniculaire que nous avons passé et les catastrophes climatiques répétées doivent déclencher une prise de conscience collective, estime Antoine Pierrot, adjoint à la transition écologique, qui détaille comment la Ville prend sa part dans l’action.
Pourquoi tirez-vous la sonnette d’alarme ?
Après des décennies d’alertes, les scénarios catastrophes sont devenus réalité : chaleur insoutenable, incendies
géants, inondations, disparition de paysages, habitats détruits, récoltes ruinées, désespoir des populations sinistrées épuisement des professionnels convoqués à intervenir d’urgence... La liste de ces catastrophes n’en finit pas de s’allonger. Nous y assistons dans la consternation. Pourtant, c’est la conséquence de nos actions.
Qu’est-ce que vous souhaitez dire à chacun d’entre nous ?
Nous devons prendre conscience que le monde d’hier n’existe plus et n’existera plus. Les pansements provisoires ne suffisent plus. La technique ne nous sauvera pas. C’est tout un mode de vie, de fonctionnement qui doit être profondément repensé. Non seulement par les pouvoirs publics, mais aussi par chacun d’entre nous, individuellement. Si le réchauffement climatique est irréversible, nous pouvons agir pour limiter l’augmentation des températures ! Sommes - nous prêts à faire muter nos habitudes aujourd’hui pour rendre demain désirable ?
Cela passe par quelles actions ?
Dès maintenant, il s’agit de réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre, autrement dit le fameux bilan carbone. Les petits gestes comme trier nos déchets ne suffisent plus, il faut aller plus loin. S’interroger sur notre utilisation des énergies fossiles en premier lieu : la voiture, l’avion, le chauffage de la maison. Il y a des solutions : le vélo, le bus, la marche, le train, la voiture électrique, l’isolation de notre habitation, le mode de chauffage… Réduire nos achats quand il ne sont pas utiles : garder ce qui fonctionne, réparer, acheter en seconde main. On peut enfin réduire notre consommation de viande, acheter des produits locaux... Bref, il s’agit de totalement repenser notre manière de nous alimenter, de nous déplacer, de nous vêtir, de nous équiper... et même de voter.
Beaucoup de personnes pensent qu’agir à leur niveau ne sert à rien…
On ne pèse pas rien si individuellement chacun s’y met. Et n’oublions pas que le bilan carbone de la France ne pèse pas rien, il est du niveau de celui d’un État américain.
Qu’est-ce qu’a déjà fait la Ville de Lambersart pour lutter contre le dérèglement climatique ?
La Ville de Lambersart prend cette situation très au sérieux, à la hauteur de l’enjeu. Il s’agit à la fois de faire baisser notre bilan carbone, et d’adapter la ville. Nous avons étendu le réseau de chaleur, installé des panneaux photovoltaïques sur les bâtiments municipaux, créé une cellule de maîtrise de nos consommations, réduit et électrifié le parc automobile de la mairie, mis des critères de durabilité dans nos achats, développé les pistes cyclables, favorisé les vélos en libre-service, implanté des stations d’autopartage, végétalisé des cours d’école, sanctuarisé des îlots de fraîcheur, renforcé la place de l’arbre en ville…. Et poursuivi les réunions d’information et de sensibilisation des Lambersartois sur tous ces thèmes.
Qu’est-il prévu pour ce mandat ?
Ces actions seront poursuivies et intensifiées, notamment en plantant plus d’arbres dans l’espace public, 1000 sur le mandat. Nous essaierons de planter autant d’arbres que possible lors des opérations de voirie MEL, nous allons identifier et travailler le verdissement de rues qui aujourd’hui ne le sont pas, en y associant les riverains bien sûr. Nous végétaliserons les espaces délaissés ou qui ont du potentiel, comme le parvis de la crèche au Pacot-Vandracq,. Il s’agit de repenser la répartition de l’espace public, entre le stationnement, ou plutôt la mobilité (vélo, autopartage), et la place de l’arbre et les nouveaux usages (rues aux écoles…)