En 2023, la Ville a dû déconstruire la fresque réalisée une dizaine d’années plus tôt. Cet automne, l’artiste Claudy Gielczynski a travaillé avec les élèves afin qu’en 2026 une nouvelle fresque de Louise de Bettignies orne le fronton des écoles

On ne compte plus le nombre de fresques conçues par Claudy Gielczynski pour les établissements scolaires lambersartois : Bettignies/Perrault, Samain, La Marianne du futur ou encore celles de Jeanne-d’Arc ; comme on ne compte plus les générations d’élèves ayant travaillé avec l’artiste. D’ailleurs, Claudy le reconnaît : « Il m’arrive d’être apostrophé par des enfants devenus grands. » Son savoir-faire reconnu s’est même exporté du côté de Bondues. Un emblème pour le quartier Alors que l’on pensait que l’artiste-peintre lambersartois avait fait le tour de la question, il a remis le métier sur l’ouvrage dans les écoles Louise-de-Bettignies et Perrault, à la demande de la municipalité qui finance le projet. Eh oui, il fallait bien remplacer la grande fresque avec le visage de Louise de Bettignies ornant le pignon de l’école. « Avec les tempêtes de février 2022, les carrés de l’ancienne fresque ont commencé à tomber. Il était trop dangereux de laisser la fresque en l’état », explique Emmanuelle Pichonat, élue aux écoles. Aurait-on pu faire autre chose à la place ? « Cette fresque, depuis sa mise en place, est devenue un peu l’identité et l’emblème du quartier. Avec la fin de la rénovation du Pacot-Vandracq, il nous semblait logique de prévoir une nouvelle fresque ! » ajoute l’élue.
Alors, « depuis septembre et jusqu’aux vacances de Noël, j’ai travaillé toutes les semaines avec les onze classes des deux écoles, à raison d’une classe par semaine », souligne Claudy Gielzinski.
Chaque enfant a ainsi contribué à la fresque, qui fera 7,20 m de haut sur 4,80 m de large. Si l’artiste-peintre prend toujours autant de plaisir à sortir ses pots de peinture, il en va de même pour les enfants.
Dans la classe de Laure, professeure des écoles à Perrault, et de Nelly, Atsem, les élèves (qui ont travaillé par demi-classe sur le projet) s’en sont donné à coeur joie. Chacun avait deux carrés de 20 × 20 cm à peindre. « Pour les élèves de maternelle, les enfants peignent à partir d’un gabarit d’animal ou d’un arbre, alors que les plus grands dessinent leur autoportrait. »
Au final, « la fresque, si elle est réalisée à partir du même dessin de Louise que la première fois, sera différente ; et pour cause, ce ne sont plus les mêmes enfants ni les mêmes oeuvres. »

Une oeuvre collective 

Claudy aime l’idée d’une oeuvre collective : « C’est un projet de société : on fait ensemble et chacun apporte sa pierre à l’édifice. Pour la fresque, nous avons besoin les uns des autres : s’il manque un seul carré, tout se casse la figure », dit-il. « Et puis réaliser une oeuvre à partir d’une grande résistante, dans une époque aussi trouble… Cela donne du sens. »
Dessiner pour la fresque s’accompagne aussi d’un travail pédagogique. Laure indique d’ailleurs que « les enfants pratiquent beaucoup les arts plastiques en classe. Au-delà de décorer l’école, ils participent à une oeuvre collective, ce qui n’arrive pas souvent. Ils s’en souviendront toute leur vie et leur travail est mis en valeur. »
Vu l’enthousiasme dont ils ont fait preuve cet après-midi-là, nul doute qu’ils ne sont pas prêts d’oublier le moment où ils ont laissé libre cours à leur imagination… en attendant de voir la fresque orner leur école, au printemps.