Le nouvel écoquartier programmé sur le site des Briqueteries du Nord sera chauffé par une chaufferie bois, permettant une nouvelle extension du réseau de chaleur existant

De nombreuses réunions de concertation ont déjà eu lieu depuis trois ans pour définir le projet d’écoquartier sur le site des anciennes Briqueteries du Nord. Cette fois, la réunion d’information organisée au centre Eugène-Duthoit le 22 janvier portait sur un élément précis : la future chaufferie biomasse, qui alimentera les logements, commerces et services prévus sur le site. Comme l’a expliqué Nicolas Burlion, élu en charge de l’urbanisme, « ce projet est complémentaire du réseau de chaleur urbain, il est vertueux pour l’environnement et permet des économies ». Le projet de chaufferie comme celui de l’extension du réseau de chaleur qu’il nécessite ont été présentés par des représentants d’Engie Solutions, le délégataire, et l’architecte de la nouvelle chaufferie.

Réseau de chaleur urbain : toujours plus grand

Saviez-vous que de nombreux bâtiments publics, comme l’hôtel de ville, des écoles et collèges, des salles municipales, mais aussi des bâtiments privés et des résidences collectives sont alimentés en chauffage et en eau chaude sanitaire par un réseau de chaleur urbain à Lambesrart ? Les avantages d’un réseau de chaleur urbain sont nombreux : une production de la chaleur centralisée, une fourniture de bois localisée, une diminution des gaz à effet de serre et des coûts maîtrisés. Alors pourquoi ne pas l’étendre quand c’est possible ? Le réseau lambersartois, créé il y a une soixantaine d’années pour chauffer le quartier du Pacot-Vandracq tout neuf, a déjà connu deux phases d’extension.

D’abord, en 2013, un Groupement d’Intérêt Public, où la Ville de Lambersart et Vilogia sont partenaires, a été constitué pour le gérer, déléguant l’exploitation à Engie Solutions. Cela a permis l’évolution de la chaufferie, à l’origine au gaz, vers une chaufferie en majorité biomasse, c’est-à-dire alimentée par du bois. Ainsi, le réseau de chaleur a pu être étendu vers le quartier Bourg-Mairie, avec deux antennes, l’une vers la piscine et le béguinage, l’autre vers la mairie. Puis, en 2023, une extension supplémentaire vers le quartier du Canon d’or a été réalisée.
L’extension vers le projet des Briqueteries du Nord, de 2 km, alimentera au passage de nouveaux bâtiments publics : halle de sports Norbert-Ségard, écoles Pasteur et Desrousseaux, garderie et crèche Desrousseaux, centre Eugène-Duthoit. Elle sera permise par la création d’une chaufferie dans le nouveau quartier, celle-ci entièrement biomasse, dont la taille sera à peine plus grande qu'une grosse maison de quartier, ce qui fera passer la part d’énergies renouvelables à 85 % minimum dans le réseau de chaleur lambersartois, contre 55% aujourdhui.

  • Le fonctionnement

Cette chaufferie sera alimentée exclusivement par du bois venant d’un rayon de 100 km, déposé dans un silo par des camions à fond amovible, puis convoyé vers le foyer de la chaudière pour y être brûlé. La chaleur sera récupérée au niveau de la fumée, transmise via des ballons de stockage d’eau chaude à des tuyaux d’eau qui partent vers les bâtiments à chauffer ou à desservir en eau chaude sanitaire. Les cendres seront dirigées vers une benne, et emmenées par camion. Les fumées seront filtrées deux fois, d’abord de manière cyclonique pour extraire l’essentiel des particules, puis de manière plus fine.

  • Le bâtiment

Il sera situé au nord-ouest de l’écoquartier, avec une emprise au sol de 650 m² sur un terrain de 3700 m², bordé par une zone humide qui sera préservée et clôturée. La hauteur maximum de la chaufferie sera de 10,5 mètres, une grande partie des bâtiments ne dépassant pas 4,5 mètres. Les toitures basses seront végétalisées. La cheminée, de couleur claire, fera 20 mètres de haut, soit 10 mètres de moins que la cheminée actuelle. Esthétiquement, le bas du bâtiment sera en béton clair et le haut en briques claires, en référence à l’histoire du site. L’accès se fera par le prolongement de la rue de Madrid.

  • Des nuisances réduites

Concernant les nuisances sonores, il devrait y avoir 310 livraisons de bois par an, par camion, davantage l’hiver qu’aux beaux jours, et jamais la nuit ni le week-end. Le bruit émis par la chaufferie elle-même ne doit pas dépasser 5 dB de plus que le bruit ambiant existant (qui a été mesuré), de jour comme de nuit. Un merlon végétalisé permettra de contenir les nuisances sonores, qui seront aussi mesurées et contrôlées. Concernant la pollution émise par les fumées, qui sont du même type que celle d'une cheminée à bois individuelle, l’engagement est pris d’être 30% plus exigeant que les normes existantes.

Le calendrier

  • 2025 : les études complémentaires, le dépôt du permis de construire, la première pierre et le début des travaux d’extension du réseau de chaleur
  • 2026 : la construction de la chaufferie et la finalisation du réseau
  • 2027 : la première livraison de chaleur, le raccordement progressif des résidences et bâtiments publics.

Pour les maisons individuelles aussi ?

Les maisons individuelles existantes sur le chemin de l’extension du réseau de chaleur pourront-elles être raccordées ? La question a été posée lors de la réunion publique.

Réponse d’Engie Solutions : « Étant donné le coût des travaux, un seul particulier n’a pas d’intérêt financier à se raccorder. Il faut 4 à 5 maisons proches groupées pour créer une sous-station du réseau, et partant de là une distribution pour les maisons, avec chacune son compteur. Cela nécessite une analyse technico-financière ».

Si vous êtes intéressé, contactez Jean-Pierre Arnout : jean-pierre [point] arnoutatengie [point] com (jean-pierre[dot]arnout[at]engie[dot]com) 06 08 35 62 42 ou Matthieu Robin : matthieu [point] robinatengie [point] com (matthieu[dot]robin[at]engie[dot]com) 07 86 34 39 24