La Galerie, située au rez-de-chaussée de l’Hôtel de ville, est fermée au public depuis mars 2020, en raison de la crise sanitaire.

Donation Catherine et Bernard Clayes

La Villa des Roses

En 1977, le couple Claeys achète la Villa des Roses située au 220 avenue de l’Hippodrome. « Nous passions devant la maison et celle-ci était à vendre. Ce qui nous a saisis, c’est son architecture ; aucune des fenêtres n’est semblable et il y a également de beaux vitraux. Nous avons eu le coup
de coeur, et nous avons aussi eu envie de la sauver
».
De superbes villas disparaissent alors, avenue de l’Hippodrome et rue de Lille. La Villa des Roses est une grande demeure construite en 1897. Elle porte le nom de ‘Villa Antonia’ jusque 1914, puis ‘Saint-Arnould‘ jusque 1930.
Cette villa-château témoigne, comme ses voisines, de l’architecture éclectique qui mêle le style gothique, le pittoresque flamand et la Renaissance italienne (un dôme à bulbe et une poivrière ont disparu de la toiture).
La Villa des Roses étant inscrite à l’IPAP (Inventaire du Patrimoine Architectural et Paysager remarquable de la MEL) et comprise dans l’aire du SPR (Site Patrimonial Remarquable de Lambersart, ex-ZPPAUP), la ville est garante de la protection de l’édifice contre toute démolition. Elle a maintenant trois ans pour mener l’étude de la destination de la Villa des Roses : de préférence un projet culturel, au sens large.

Les dernières volontés

Dans le même esprit de pérennité, 30 ans plus tard, Catherine émet le souhait de léguer la Villa des Roses et 70 oeuvres d’art et objets à la ville de Lambersart.
Bernard a donc accompli les dernières volontés de son épouse, le conseil municipal acceptant leur généreuse donation.
« Pour la donation, Catherine avait été influencée par le musée Jeanne Devos, à Wormhout », nous indiquait Bernard.
Photographe et conteuse flamande, Jeanne Devos (1902-1989) est, entre 1968 et 1980, la vedette de plusieurs reportages et émissions à la télévision et à la radio, auprès de Bernard et Catherine et de Pierre Bonte. Elle prend sa retraite en 1978.
À la fin de sa vie, Jeanne Devos donne ses photographies au Comité Flamand de France et vend sa maison ancienne en viager à la commune de Wormhout, après s'être assurée qu’elle devienne un musée de la culture flamande. Dans la donation Claeys, ratifiée le 15 juin 2010 par la ville et Bernard Claeys, figurent :

  •  La propriété Villa des Roses, estimée 600 000 € à l’époque,
  •  La collection d’oeuvres d’art moderne arrêtée à cette date, estimée 140 000 €,
  •  Des objets d’art populaire ou anciens et des oeuvres naïves, estimés 3 000 €.

La Galerie Claeys

La ville devra garder la collection d’oeuvres d’art au minimum 99 ans. Une rotation des oeuvres sera effectuée dans un lieu d’exposition publique dénommé « La Galerie Catherine et Bernard Claeys ».
Un aménagement similaire à celui de Wormhout se révélait compliqué, l’architecture de la Villa des Roses aurait demandé beaucoup de transformations pour répondre aux normes en vigueur d’accueil du public.
« Un jour, le maire (M-P. Daubresse) m’a dit : je vous offre le plus bel écrin dont je dispose » dixit Bernard.
La Galerie Claeys est installée dans une partie du hall de l’hôtel de ville (ancien château néoclassique du Pré Fleuri de 1913), rénové en 2015.
Accueillant aussi des expositions temporaires, La Galerie est le second lieu municipal d’exposition après Le Colysée de 2004 et l’un des rares en France au sein d’un hôtel de ville.

Catherine et Bernard Clayes

Catherine Claeys est née Jeannine Lyon en 1930 à Calais. Licenciée en philosophie, elle effectue une courte carrière dans l’enseignement et entre à la station France Culture à Paris en 1958, choisissant ‘Catherine Claeys’ comme nom public. D’abord assistante, elle devient réalisatrice pour la radio-télévision.
Catherine rejoint la radio régionale de Lille en 1960, occasion pour elle de revenir dans le Nord.
Elle obtient le prix de la meilleure émission dramatique des stations régionales pour « La haute Hanterie » consacrée au folklore des légendes avec l’elficologue Pierre Dubois. Elle réalise et anime ensuite «La hotte du colporteur», « Histoire pour les veillées », « La belle ouvrage » et « La musicothèque ». Ces émissions sont reconduites sur Fréquence Nord...
Sa voix généreuse et cultivée a bercé les auditeurs de la désormais France Bleu Nord.
Catherine Claeys a consacré sa carrière à arpenter notre région pour découvrir et mettre en avant les personnalités de la culture populaire notamment flamande. Un fonds riche de ses émissions est conservé par l’INA à Lille. Certaines sont téléchargeables sur le site ‘Mémoire du folk en Nord-Pas-de-Calais’, notamment l’album 33 tours pour enfants du compositeur-interprète Pierre Yvart « L’échelle Beaufort, d’après les chroniques de Nam et Loé » où elle est récitante.

Bernard Claeys est né à Lille en 1932. Après des études de lettres, il entre en 1952 au journal parlé
de Radio Lille et présente des émissions d’informations. C’est alors qu’il rencontre Catherine qu’il épouse en 1954.
Cinéphile, il entre en 1955 à Télé Lille, 1ère télévision régionale et réalise les émissions en direct « Rendez-vous au beffroi », puis « Les copains du samedi ». Il passe vite aux émissions filmées pour FR3 : son oeuvre maîtresse sera la grande série « Hommes et Pays du Nord », qui lui permet d’interviewer des artistes travaillant dans la région. On peut les consulter entre autres sur le site de l’INA.
Bernard réalise en 1963 et 1964 « Poésie du Nord », deux récitals filmés en extérieur ; il se lance ensuite dans les documentaires fictions. En 1977, son téléfilm « Guillaume Seznec, faux coupable » est récompensé. Il assure également la retransmission de pièces de théâtre et de concerts. Sa carrière est consacrée à la création artistique mais aussi au folklore : par exemple en 1990, une émission sur les Géants du Nord pour France 3.
Bernard est présent, début 2016, à l’inauguration de la Galerie. Il vient régulièrement voir 17 oeuvres de sa donation qui lui rappellent ses amis. Il y croise, 30 ans après leur collaboration, le chroniqueur du patrimoine Pierre Bonte au vernissage de l’exposition des Marianne et assiste à celui de l’exposition « Du haut de nos beffrois » de son ami Jean Pattou en 2018.
Le couple Claeys, ami des artistes C’est lors de leurs émissions que des liens se sont noués : « Tous les artistes à qui j’ai consacré un film sont devenus des amis », se souvient Bernard. Ainsi, Arthur Van Hecke, qui a d’ailleurs réalisé deux portraits de Catherine et deux de Bernard, lui fait connaître Eugène Leroy. Au fil des années, d’autres relations se tissent et le couple complète sa collection d’oeuvres, achetées dans des galeries d’art, les ateliers des artistes, voire offertes et dédicacées par
eux. Évoquer cette collection, c’est ouvrir la boîte à souvenirs du réalisateur Bernard Claeys : ainsi le sculpteur Jean Roulland en 1970, importuné par une poule passant devant la caméra, alors qu’il réalise le pastel des hommes volants.
À Jean Pattou, Bernard Claeys demande un jour de dessiner sa villa. « L’idée lui a plu », sourit Bernard. « Avec mon épouse, nous n’avions pas d’enfants. Nos enfants, c’étaient nos émissions ». Il se réjouit d’avoir pu allier passion et métier : « On a beaucoup à apprendre des artistes. Une
philosophie de la vie, une façon de développer l’imaginaire. » Catherine et Bernard ont profité d’une retraite bien méritée jusqu’en 2008 et 2019 dans leur Villa des Roses, léguée à la ville de Lambersart en 2010.

Le couple Claeys, ami des artistes

C’est lors de leurs émissions que des liens se sont noués :
« Tous les artistes à qui j’ai consacré un film sont devenus des amis », se souvient Bernard. Ainsi, Arthur Van Hecke, qui a d’ailleurs réalisé deux portraits de Catherine et deux de Bernard, lui fait connaître Eugène Leroy.
Au fil des années, d’autres relations se tissent et le couple complète sa collection d’oeuvres, achetées dans des galeries d’art, les ateliers des artistes, voire offertes et dédicacées par eux. Évoquer cette collection, c’est ouvrir la boîte à souvenirs du réalisateur Bernard Claeys : ainsi le sculpteur Jean Roulland en 1970, importuné par une poule passant devant la caméra, alors qu’il réalise le pastel des hommes volants.
À Jean Pattou, Bernard Claeys demande un jour de dessiner sa villa. « L’idée lui a plu », sourit Bernard.
« Avec mon épouse, nous n’avions pas d’enfants. Nos enfants, c’étaient nos émissions ». Il se réjouit d’avoir pu allier passion et métier : « On a beaucoup à apprendre des artistes. Une philosophie de la vie, une façon de développer l’imaginaire. »
Catherine et Bernard ont profité d’une retraite bien méritée jusqu’en 2008 et 2019 dans leur Villa des Roses, léguée à la ville de Lambersart en 2010.